Des souris stériles donnent vie grâce à des ovaires imprimés en 3D

Une première étape pour traiter l’infertilité chez la femme?

Une équipe de scientifiques de l’Université Northwestern, à Chicago ont présenté dans la revue anglaise Nature Communications les tenants et aboutissants d’une prometteuse percée dans le domaine du traitement de l’infertilité grâce à la technologie d’impression 3D. Cette nouvelle est reprise en français par la journaliste Marie-Céline Jacquier dans le volet santé du portail FUTURA, dont voici quelques extraits:

« Des souris stériles, chez qui un ovaire imprimé en 3D a été implanté, ont donné naissance à des bébés souris en bonne santé. Une première étape avant de fabriquer des ovaires artificiels pour des patientes souffrant d’infertilité… 

L’impression 3D fait des prouesses : certains s’en sont servis pour imprimer des oreilles, des os, des muscles, du cartilage… Et voilà que des scientifiques proposent maintenant de traiter des cas d’infertilité en imprimant un ovaire artificiel. »

L’auteure de l’article nous précise que c’est grâce à une encre gélatineuse que les chercheurs sont parvenus à imprimer des implants aussi inusités:

« Les matrices ainsi obtenues possèdent des micropores qui fournissent des espaces servant de support pour les follicules ovariens.  La taille et la localisation des trous ont été pensées pour contenir des dizaines de follicules et permettre aux vaisseaux sanguins de se connecter aux implants. »

C’est seulement après avoir été ovariectomisées (on a retiré leurs ovaires) que les souris ont reçu les implants.

Une fonction ovarienne restaurée

« L’ovaire artificiel permettait la maturation des ovocytes (le gamète femelle) in vitro et in vivo. (…) Les ovaires de synthèse ont restauré la fonction ovarienne chez les souris stériles, sans que des hormones n’aient été données artificiellement aux souris. L’ovulation s’est faite grâce aux hormones produites dans l’organisme de l’animal.

Sept souris se sont accouplées après avoir reçu leurs ovaires artificiels ; trois d’entre elles ont donné naissance à des bébés souris qui s’étaient développés à partir d’ovules produits par les implants. Les bébés souris ont été allaités normalement par leur mère et se sont même reproduits plus tard. Pour l’heure, on ne sait pas si cette approche fonctionnerait dans le cas de l’espèce humaine, où les follicules sont bien plus gros. Mais ce travail franchit une nouvelle étape pour permettre à des jeunes femmes d’avoir des enfants, notamment après un traitement anti-cancer. »

Selon la journaliste, les points à retenir sont les suivants:

  • Des follicules ovariens ont été placés dans la matrice gélatineuse d’un ovaire imprimé en 3D.
  • Des souris sans ovaires ont reçu les ovaires synthétiques ainsi fabriqués.
  • Les souris ont ovulé, se sont accouplées et ont donné naissance à des petits normaux.

Précisons que les chercheurs et auteurs de l’article scientifique original sont: Monica M. Laronda, Alexandra L. Rutz, Shuo Xiao, Kelly A. Whelan, Francesca E. Duncan, Eric W. Roth, Teresa K. Woodruff & Ramille N. Shah.